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LE PROJET LINCOU -
PART 2
par FRANCK CARLINO |
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Il vient en France pour ses études, nouvelles
étapes du projet car ce fut difficile pour lui de vivre à Paris loin de
ses amis et de sa famille, l’inverse étant vrai aussi. L’enjeu était de
recréer une famille autour de lui. Je me suis attaché à gérer la
pression qu’il vivait et les critiques qui continuaient.
Sa première année de compétition fut correcte mais ses concurrents
juniors devenus senior étaient passés depuis longtemps à plein temps
dans le squash et Thierry dominait moins son sujet et cela même en
France. Cette année-là, il perdait en finale du championnat de France
senior contre Jean-Michel ARCUCCI.
Cela nous a obligés à être de plus en plus précis, qualitatif et
efficace. Thierry passait deux fois moins de temps à l’entraînement que
ses concurrents.
C’est à ce moment que le travail sur la confiance en soi, l’affirmation
de soi en ce qui le concerne commence. Il fallait qu’il arrive à mieux
se connaître, à comprendre tout le potentiel qu’il avait en lui et à
affirmer son projet, sa volonté de jouer les premiers rôles. Cela prit
du temps mais nous y sommes arrivés ensemble. |
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Dès lors, les enjeux et la pression
évoluèrent, en ce sens que Thierry état de plus en plus déterminé à
tenter totalement l’aventure du très haut niveau.
En parallèle, il réussit son BTS (les années suivantes, il passa son BE
1 et BE 2, obtint une équivalence pour entrer en licence STAPS et
aujourd’hui il finalise son MASTER de management du sport). Pour ce
faire, il s’installa à Marseille et PAUL l’accueilla chez lui.
À la même époque, le regard du monde du squash évoluait sur Thierry et
sa performance.
Je devais gérer la pression de la Fédération qui voulait calquer
l’organisation des stages de l’équipe de France sur le modèle des sports
olympiques. Le problème était le temps demandé et le manque de valeur
ajoutée pour Thierry d’être systématiquement présent. Il allait servir
aux autres et à l’image de la fédération mais cette organisation aurait
pu se révéler nuisible pour le projet qui prévoyait que Thierry atteigne
le haut niveau en squash et dans ses études. Nous trouvâmes un accord
après d’âpres discussions avec le DTN de l’époque.
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C’est à cette époque que les questions
étaient plus prégnantes sur l’approche développée. Paul devint un
interlocuteur mieux reconnu même si le rejet de sa méthode de travail
est toujours tangible tant son travail est dense et peu accessible,
surtout pour certains qui ne souhaitent pas faire les efforts
indispensables pour comprendre. Je reste ambassadeur et coordinateur du
projet mais je n’entre pas dans la volonté de Paul de faire rayonner le
travail accompli.
Tout cet environnement de réflexion et de recherche permanent arriva à
une nouvelle étape, Thierry devint acteur de la réflexion. Cela
concernait essentiellement le jeu et son évolution, les styles de jeux
des compétiteurs qui changeaient, comme le scoring, et il fallait
trouver de nouvelles clés stratégiques, tactiques et mentales.
Le point crucial fut le travail sur l’approche plus psychologique pour
Thierry et la question de l’estime de soi afin de développer la
confiance dans les changements de son jeu et de s’affirmer face aux
autres joueurs.
Dans ce domaine, au-delà de mon apport depuis des années, j’appuie
Thierry dans son choix de travailler avec un nouvel entrant dans le
projet qui est préparateur mental (l’expérience s’étale sur deux ans). |
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LE BILAN À CE JOUR SUR LE PROJET |
Thierry a su adapter son jeu à l’arrivée de
nouveaux adversaires, il a su aussi confirmer sa performance dans le top
trois ces trois dernières années.
Il a marqué l’histoire du squash en étant le premier Français champion
du monde, vainqueur de la Finale des Super Series et Numéro mondial. Il
faut noter qu’il est celui qui est resté le plus longtemps numéro un
derrière Peter NICOL depuis l’ère des Khan.
Notre réflexion depuis la perte de sa place de numéro un et de son titre
de champion du monde a été importante. Effectivement Thierry a dû
apprendre à gérer une perte de statut de meilleur joueur au monde pour
rebondir.
Le travail sur le renforcement mental est prépondérant et c’est ainsi
qu’il a rebondi et qu’il gagne le Canary Wharf et l’Open de Liverpool.
Nous sommes dans une nouvelle étape de sa carrière, gérer ses dernières
années en lui permettant de rester un des concurrents les plus crédibles
pour la course au titre et à la place de numéro un. |
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CONCLUSION |
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Le management d’un projet qui dure depuis 15
ans est exigeant tant sur le plan des connaissances à développer en
permanence que dans la capacité à absorber le stress, le doute des
acteurs impliqués.
La force nécessaire est de pouvoir garder le cap tout en étant capable
de se remettre en question et prendre en compte les évolutions
individuelles.
L’enjeu est le maintien des équilibres, l’écoute et la capacité à
trouver des solutions, source de consensus pour tous.
Il est fondamental de se battre pour progresser vis-à-vis de l’extérieur
et non pas en interne au sein de l’équipe en place pour mener à bien les
projets.
L’énergie doit être au service de l’écoute, l’ouverture et l’action sans
laisser la place au doute, au stress et à l’égoïsme.
Au-delà de ce travail sur le sport et les études pour Thierry, mon appui
consistera aussi tout au long de sa carrière à lui apprendre à se
promouvoir sur le circuit, auprès des sponsors et à devenir autonome sur
les négociations à mener avec les clubs, les partenaires, la fédération.
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À posteriori, ce que j’ai appris est que la
vision stratégique ne s’élabore qu’au fur et à mesure des expériences
pratiques. C’est aujourd’hui que l’on peut imaginer formaliser ce projet
afin qu’il puisse servir de repères pour les plus jeunes et donc un
faire une approche stratégique de projet pour le haut niveau dans le
squash.
Très cordialement.
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