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Que sont-ils devenus... ?
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Olivier
Collignon, pour les Rhône-alpins, et particulièrement les lyonnais,
c’est avant tout le patron du Squash Lugdunum !
Pour les connaisseurs, c’est aussi un grand joueur, qui a été un très
grand joueur, et que j’ai eu envie de vous le faire connaître !
Notre relation n’avait pas commencé sous les meilleurs hospices. Depuis,
j’ai appris à connaître un homme réservé pour ne pas dire timide quand il
s’agit de lui, mais passionné dès qu’il s’agit de Squash, un homme
résolument tourné vers l’avenir, l’avenir du squash.
Bonne lecture.
Patrick Noirot |



David
Navarre


Eric
Nadal


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Quand je vois ton niveau actuel, je me dis « ce mec, quand il était plus
jeune, il ne devait pas faire semblant ! ». Quel a été ton meilleur
classement ?
En 1985, il y avait un seul classement par an. J’étais N°15, mais dans le
même temps, j’ai été sélectionné en équipe de France en tant que N°5. A
l’époque, nous n’avions pas d’entraîneur. On se gérait tout seul ! Tout au
plus, il y avait un accompagnateur de la fédé.
Raconte-nous tes débuts ?
En 1980, mon père, Raymond, à ouvert le Squash Club de Lyon.
C’était l’enfer pour trouver du matos. On ne trouvait même pas de
raquette. On était obligé de passer commande pour tout. J’étais obligé de
jouer avec des points rouge car on ne trouvait pas de point jaune. A cette
époque, n’importe quel joueur de tennis 2ème série pouvait devenir 2ème
série au squash !
Je commence à jouer à 16 ans, sans rien savoir, sans aucune base. Je
n’avais fait aucun sport de raquette avant (je viens de la natation ! ).
Je ne faisais que taper dans la balle. J’ai mis un mois avant de taper la
balle correctement. Je jouais tous les jours. Une véritable drogue ! On
habitait au dessus du squash. Ma sœur (Nancy Collingon, Ex N°16
français !) jouait de 6h du matin à 7h30 et moi de 22h à minuit.
C’était tellement difficile pour faire des matchs, que je jouais dans le
championnat de Paris. Je sortais (avec autorisation spéciale !) à 16h de
l’école, je prenais le TGV puis le métro. Je jouais au Perreux, dans
l’équipe Pagiel, en 1ère division. Je faisais mon match. Je couchais chez
un copain et je rentrais le lendemain à 7h pour aller à l’école à 8h. Je
jouais N°3 dans l’équipe, avec Patrice Chautard, le N°1 français en 1. Je
ne me souviens plus des autres …
Et ensuite ?
Ensuite, j’intègre l’Insep. C’était la 3ème année d’existence du pôle
squash. Patrice Chautard s’en occupait, en tant que premier DTN. Dans
notre groupe, il y a avait des joueurs comme Eric Partarieu,
Eric Claudel, David Navarre (du Set Squash), Daniel Liron
(Nîmes).
Les entraînements avaient lieux l’après-midi, quand le DTN venait.
Personne ne voulait de nous. On n’était pas cadré. Je suis alors allé
m’entraîner avec l’entraîneur de boxe thaï ! On était plus assidu aux
sorties qu’aux entrainements. Après, j’ai intégré le bataillon de
Joinville !
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Tu
as joué en équipe de France ! Quelques bons souvenirs ?
On a supplanté l’équipe de France en place, sans jouer, sans match. Les
gars de 35 ans se sont fait prendre la place par les jeunes que nous
étions … comme les jeunes ont pris notre place très vite. Tous les 10ans,
le niveau double ! Dans 10 ans, si Greg (Marche) arrive N°1, il mettra une
branlée à Thierry !
Pour répondre plus précisément à ta question, j’en garde de très bons
souvenirs. On ne faisait pas les championnats du monde, car on n’y allait
pas quand c’était trop loin. Par contre, on faisait beaucoup de
regroupement Bénélux/Suisse. Les anglais nous boudaient. Quand il y avait
des sous sur un tournoi, là, les anglais venaient les chercher. Ce n’est
plus comme maintenant.
Tu as embrassé une carrière professionnelle ?
Je n’ai jamais été pro ! Le 6 français valait 200 PSA ! Chautard, il a
réussi à faire 40 PSA par une accumulation de tournoi et de points.
C’était le record à l’époque ! Tout de suite après l’Insep, j’ai commencé
à travailler. Je faisais des cartons à l’usine.
Récent champion de ligue vétéran en -45, quel est ton objectif pour
les championnats de France vétéran ?
Je ne pense pas faire les championnats de France. J’ai trop mal au dos.
Dans cette catégorie, il y a des mecs très forts, mais ce ne sont pas ceux
de l’équipe de France à mon époque. Ce sont des vrais bons, qui consacrent
au squash beaucoup de temps. On retrouve des gars comme Le Bihan, à
Marseille, Eric Nadal à Antibes, JJ Pinaut (il a construit
son propre court !) ou Scianimanico qui est encore première série !
On parle des vétérans, mais les jeunes ? On n’a quasiment aucun
jeune entre 15 et 18 ans. Comment les faire venir au squash ?
Il faut laisser les 15/18. Tout le monde fait des efforts, mais je crois
qu’il ne faut pas essayer de rattraper le retard. Je pense qu’il faut
plutôt remplir les 8/10 et les 10/12 ! Il faut mettre l’accent sur les
poussins et les benjamins. Ce sont ces jeunes qu’il faut pousser et qui
rempliront les trous.
On a besoin d’une commission ligue jeune puissante (très puissante), avec
un budget pour faire du haut niveau.
Au niveau de la ligue RA, il faut mettre en
place un circuit ligue jeune, et leur faire faire plus de compétition !
Par ailleurs, c’est dommage qu’on ne puisse pas facilement faire jouer
officiellement nos jeunes en équipes. Moi, j’ai fait jouer mes gamins en
équipes cette saison.
J’aimerai mettre en place un pôle jeune sur Lyon. Il faut regrouper les
écoles de squash ici (au Lugdunum) pour faire du haut niveau. On les
regrouperai le mercredi, puis 2 autres fois par semaine ! Il faut
construire les bases tout de suite. Je suis prêt à le faire tourner ce
pôle. C’est vraiment mon souhait pour les jeunes !!
Un petit avis sur la compétition ?
Je suis déçu par la compétition de squash. Je lance vraiment un cri
d’alarme. Le squash compétition commence vraiment à disparaître. La
compétition est axée uniquement sur le haut niveau. On a « squizzé » la
compétition loisir ! Les clubs gagnaient de l’argent avec ça, c’était le
fond de roulement. Le fond du problème, c’est le règlement. Avant, on
pouvait faire des tournois par niveau, on pouvait faire le nombre de match
qu’on voulait …
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De
joueur de Squash Pro à patron d’un club de Squash, la transition est
logique. Mais de là à monter le plus gros club de la région et un des plus
gros de France (14 courts) ?
Le Lugdunum a aujourd’hui 10 ans. J’ai commencé avec 8 courts, et mon père
en avait 7. On a décidé de fermer le club de mon père, et il fallait
réintégrer sa clientèle. Comme j’avais de la place, on a donc construit 3
courts à l’étage, et j’ai gardé 3 courts de l’ancien club, qui sont
maintenant l’annexe ! Voilà pourquoi 14 courts !
Comment expliques-tu qu’avec une telle structure, le club se soit
désintéressé de la compétition pendant des années ?
C’est très simple. Il y a quelques années, Patrice Olivier,
Christopher Robert et moi-même, on a organisé le Trophée des Lions
dont le sponsor était Stemmy ! Le succès a été énorme 460 inscrits (60
refusé le matin même). 3 clubs avaient été mobilisés. Le Métropole, le
Squash Club de Lyon et le Lugdu. Il y a avait un tournoi pour chaque série
(de la première à la cinquième), et on distribuait la même somme d’argent
sur chaque tournoi !
Suite au nom respect du règlement (il aurait du y avoir une seule
dotation, tous niveaux confondus), on a pris 1 an de suspension. La
sanction venait de la commission de discipline de la Fédé. Je suis passé
en conseil de discipline avec Fine. Ensuite, le président de la ligue a
été éjecté par son bureau. Voilà pourquoi je me suis désintéressé de la
compétition.
Avec l’arrivée de Xavier Martellino à la présidence de la ligue,
c’est maintenant beaucoup mieux, même s’il y a un derby OL/ASSE ! On a
maintenant un président professionnel !
Et pourquoi un retour à la compétition cette saison ?
En fait, j’ai reçu 2 journées de R1 pour dépanner la ligue et j’ai reçu le
tournoi de Corbas, qui ne pouvait faire son tournoi sur un seul
terrain ! L’année prochaine, notre équipe 1 jouera en R1, et je pense
organiser un énorme tournoi jeune !
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